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Breendonk
Le 18 février 2008, les élèves
de sixième ainsi qu’un groupe de cinquième
d’histoire 4 heures se sont rendus au Musée juif
de la déportation à Malines ainsi qu’au fort
de Breendonk, « le camp de la folie et de la mort rampante
». Cette expérience promue par la Province fut riche
en émotions. Voici un petit compte rendu des impressions
de nos adolescents.
C. Ruter et C. Goulard

« La visite du Musée Juif
de la Déportation à Mechelen et du fort de Breendonk
fut un moment d’émotion partagé dans le groupe
d’élèves et de professeurs. Cette transmission
de la Mémoire effectuée par deux guides attrayants
a suscité chez les jeunes des questions à propos
de l’animosité humaine. Même si l’ambiance
des bâtiments sinistres à Breendonk est lourde, les
souffrances et douleurs qui s’y sont passées ont
pu faire réfléchir les spectateurs sur leur propre
condition de vie et/ou sur la barbarie potentielle qui sommeille
en eux. Le fait de connaitre la vérité est quelque
part une reconnaissance de ces personnes qui sont mortes à
cause de la folie d’autres. Cette vérité est
également une sorte de prévention contre d’autres
massacres, d’autres endoctrinements. »
A. Périlleux, 6E
« Esther,
2 ans ; David 4ans ; Isaac, 10 ans ; Josué, 7 ans, …
» Ces noms d’enfants victimes innocentes d’un
massacre immense, ces témoignages poignants des survivants
de cette horreur, d’atroces photos, puis des objets répugnants
de cette guerre, tout cela pour nous remettre dans le contexte
de l’époque, nous, élèves de 18 ans,
65 ans après que cela se soit passé »
A. Chemin, 6E
« Comment
dire l’horreur ? Lorsque l’on pose son pied sur le
sol de Breendonk, l’atmosphère lourde et angoissante
ne nous permet pas d’oublier qu’entre ces murs se
sont produites les pires atrocités. Que dire de l’intérieur
? Les conditions d’hygiène n’auraient pas même
convenu à des animaux. Et c’est bien de cela qu’il
est question : ici, être un homme ne signifie plus rien.
Soit vous êtes réduit à l’état
d’objet, soit vous êtes celui qui incombe le non moins
terrible rôle d’être le bourreau, tâche
à laquelle il faut sans hésiter sacrifier humanité
et pitié ! Comment comprendre ? Lorsqu’il s’avère
qu’ici les gens, non seulement souffraient de la faim et
du froid, jusqu’à être poussés à
des extrémités que nous sommes incapables d’imaginer,
mais devaient également subir chaque jour les pires humiliations,
les pires tortures, sans broncher… car un mot, un geste,
pouvait signifier la mort. […] « La mort rampante
» ; elle était partout dans les murs pourris d’humidité,
dans les assiettes dont se pourléchaient tour à
tour les détenus, dans les vêtements, jamais changés,
dans les latrines puantes qui 65 ans après ont gardé
l’odeur de la honte. »
I. Lorge, 6E
« Ma
vision de cette visite est plutôt optimiste car si on regarde
un peu plus loin, on remarque qu’encore aujourd’hui
des atrocités se déroulent devant nous. On jette
un coup d’œil aux informations histoire de dire qu’au
moins on est au courant. Mais je pense qu’il ne faut pas
se contenter du minimum. Tout cela j’y pensais déjà
avant la visite mais elle m’a permis de réfléchir
sur ma situation, de me rendre compte de la chance que j’avais
et de réveiller des idées que certains qualifieraient
de trop utopistes mais auxquelles je crois. Alors, à quand
la révolution ? »
M. Michelante, 6D
« De même que les cellules
des prisonniers politiques ainsi que l’obligation d’y
rester immobile durant 14 heures par jour m’a marqué.
Il m’était possible de reconstituer la scène
grâce à mon imagination mais encore maintenant, il
m’est impossible de concevoir que des gens aient vécu
dans de telles conditions de 3 à 8 mois. »
A. Popolo, 6E
« En
soi je connaissais ce que les nazis faisaient mais cela m’a
beaucoup appris au niveau du regard. Je m’explique, la connaissance
couplée aux lieux, provoque un choc : se dire que l’on
foule les mêmes pavés qu’eux, que l’on
visite leur « demeures provisoires », a quelque chose
d’apocalyptique »
J. van Larebeke, 6E
« Bien
entendu, j’avais déjà entendu parler des camps
de déportation et des abominables choses qui s’y
passaient. Mais les mots sont moins efficaces que ces images…
C’est une fois sur le site que l’on prend véritablement
conscience de l’ampleur de l’horreur. Les murs du
fort respirent encore la cruauté, les fenêtres à
barreaux et à fil barbelés reflètent la souffrance
de ces détenus innocents condamnés sous prétexte
d’avoir un avis personnel différent d’autres,
de défendre leur propre pays pour sauver leurs compatriotes
ou tout simplement d’être comme ils sont une «
race » différente de celle des nazis. Comment est-ce
possible qu’un jour les hommes se soient permis de faire
une politique pareille ? »
L. Boveroux, 6E
« Il
faut le voir pour le croire, cette visite m’a fait prendre
conscience du caractère extrêmement inhumain des
nazis. […] Bien que nous fussions déjà bien
informés sur les réalités de la guerre avant
cette visite, elle fut malgré tout une grosse claque dans
la figure puisque c’est une des rares fois où nous
avons pu côtoyé les témoins, les lieux, les
faits, de si près. Je ne regrette vraiment pas d’y
avoir participé et conseille même de le refaire
»
V. Meynaerts, 6E
« Je
voudrais dire MERCI à ces Hommes qui se sont battus pour
que nous puissions être LIBRES. »
A. Desaire, 5C
« L’ambiance
qui régnait entre ces murs du temps du colonel Schmitt,
directeur du fort, devait être assez malsaine, morbide,
mortifiante. Cela se ressent rapidement quand on pénètre
ce lieu, même en 2008, accompagné, avec des vêtements
bien chauds, tout en sachant que ce soir on sera chez nous, de
retour dans notre confort, la chose la plus saisissante c’est
le froid. Un froid cru et humide, qui court jusqu’à
vos orteils, « un froid inquiétant » comme
j’entends dire autour de moi. […] Avec Breendonk,
on a la chance de se rendre compte sur place de ce qu’on
apprend dans nos cours, on ressent mieux ce que l’on a vu
à la télé, entendu, supposé, imaginé
à travers les images et les témoignages. On se demande
de ce que çà devait être dans ces camps d’extermination
comme Auschwitz, Dachau, … etc. Et finalement, on prend
conscience de la proximité de ces événements,
60 ans… seulement ?!»
M.-N. van Wessem, 6E
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