L’Histoire en classe Amusée
( J.-P. Buckens)
La classe Amusée
Le
local d’histoire est un musée où je m’active
à concilier amusement et apprentissage.
Il est conçu de façon à accueillir
les élèves dans un endroit inattendu
où j’espère les embarquer dans ma passion
pour cette belle matière. Un peu comme on veut accueillir
des invités chez soi dans une maison bien décorée,
je veux inviter les élèves dans une pièce
accueillante, belle et surtout inattendue qui je l’espère
les poussera à sortir des sentiers tellement conventionnels.
Le
cours commence en franchissant la porte
et en passant sous les tranchées de 1914. On est plongé
dans une passion. Les nombreux objets sont en relation essentiellement
avec la féodalité, les révolutions, les
guerres mondiales, la réforme agraire, la révolution
industrielle, la colonisation, la piété populaire,
les crises économiques, le rôle de la femme dans
la civilisation, la guerre froide et la naissance des deux blocs,
le communisme.
Mais
l’univers du local se cache aussi derrière cette
partie visible. Ce sont des diapositives
de ces dizaines de milliers de trésors d’Europe,
d’Asie, d’Afrique et d’Amérique latine,
destinations de mes voyages depuis des années. Aujourd’hui
et depuis 11 ans, je passe les deux mois de vacances aux Etats-Unis
et au Canada. Le local abrite donc d’ores et déjà
plus de 20.000 clichés
de leurs si riches musées et devrait
abriter dans quelques années pratiquement l’ensemble
des collections d’art et d’histoire de ces pays.
Je dispose aussi d’une très
large collection de documentaires qui sont petit à petit
digitalisés. C’est un très gros travail assuré
par mon épouse, mais un millier d’émissions
seront déjà à disposition des étudiants
dès la rentrée 2006.
Une projection de films d’archives
sera organisée sur le temps de midi chaque semaine
et illustrera un aspect du cours. A ce propos, j’espère
arriver à ce que la matière soit vue, revue et connue
en classe. C’est là en effet que la rentabilité
doit être maximale et non après 16 heures. Pour ce
faire, les mêmes questions sont abordées par le biais
de moyens pédagogiques différents. (textes, discours
radiophoniques, images, œuvres d’art, musique, films,
livres…)
Les élèves ont également
à leur disposition une grande
collection de musiques
et de chansons
d’époque .
Ainsi, ils sont accueillis au début de chaque cours par
une mélodie choisie dans la mesure du possible en rapport
avec la matière. (révolution française, guerre
civile espagnole, révolution de 1870, guerre froide, Belle
Epoque, etc…
Nous disposons également
d’une collection de nouvelles radiodiffusées,
par exemple et pour prendre des interventions plus connues les
discours du Général de Gaulle prononcé à
la radio de Londres le 18
juin 1940 ,
l’annonce de la mort d’Hitler ou encore l’explosion
sur Hiroshima :
« The world will know that the first atomic bomb was dropped
on Hiroshima, a military base. » (1) etc. Cela permet de
nous replonger dans l’ambiance ou la tension du moment.
Nous disposons également
de près de 1.600 magazines de
1895 à 1965, d'affiches, de correspondances de guerre
et enfin d’archives anciennes, utiles spécialement
dans le cours de quatre heures de l’option
histoire.
Une
pédagogie originale
En 1998, je suis retourné à l’université
de Calgary, Canada, afin d’obtenir le diplôme de pédagogie.
J’y ai appris bien des choses.
Pour ne livrer qu’un seul par rapport à ce que j’ai
lu et appris, je veille aujourd’hui à donner dans
nombre de situations le moins de cadres, échéances,
critères, directives, consignes, échéances,
prescriptions, contraintes… possibles.
Je tente de ne pas imposer un travail enfermant les élèves
dans un carcan, leur retirant toute
possibilité d’originalité, … et
pour, clore le tout, à une date fixée. Le simple
fait de devoir rendre son travail dans un délai raisonnable
en tenant compte des dates de bulletins et du temps qu’il
me faudra pour corriger place l’élève en face
de ses actuelles et plus encore prochaines responsabilités.
Puissent tous nos élèves se prendre en charge.
Il en va de l’avenir de la Wallonie. Cela comporte bien
des risques, mais il est essentiel que les élèves
puissent gérer leur liberté avec tout ce que cela
comporte d’inconfort, qu’ils osent et sortent du rang,
qu’ils soient curieux et volent très haut.
D’ici peu, ils auront à présenter des matières
uniquement en janvier, voire en juin sans contrôles préalables.
Ils seront laissés à eux-mêmes. Un élève
ne roule jamais un professeur, il se roule lui-même.
Merci à tous mes élèves
avec qui je partage ma passion pour l’Histoire.
J-P Buckens |